Des images d’archives qui font sens

Dans un paysage audiovisuel dominé par l’image pour elle-même plus que par son sens, les images d’archives accolées aux témoignages sont souvent choisies plus pour leur aspect « esthétique » que pour leur rapport avec le sujet traité. Nous considérons comme malhonnête d’illustrer, par exemple, le témoignage d’un vétéran de la campagne de Tunisie de 1942-1943 avec des images de la campagne de Prusse Orientale de 1944-45 au simple motif qu’elles sont particulièrement racoleuses. A nos yeux, le rôle de ces images n’est pas de « faire joli », mais de donner du relief au propos ; et dans les cas où les images filmées sont inexistantes, le réalisateur américain Ken Burns a largement prouvé qu’il est possible de leur substituer des images fixes et d’en tirer la sève avec une imagination et une créativité artistiques mises au service de l’authenticité. Aujourd’hui, même les logiciels de montage virtuel intègrent l’effet Ken Burns en standard.