Des témoignages mis en contexte

Pour ce qui est des produits destinés à tous les publics, c’est-à-dire des produits finis prêts à diffuser, l’association High Flight se propose de s’imposer une série de critères qui nous semblent aller dans le sens de ce qui manque aux témoignages filmés existants et de ce que souhaite, le croyons-nous, le public français ou francophone.

Le premier d’entre eux est celui de la mise en contexte. Nous pensons qu’un témoignage isolé du contexte des événements qu’il raconte est de nature à perturber l’entendement des événements par le spectateur. En effet, les témoins sont subjectifs – ce que l’on ne saurait leur reprocher et qui fait précisément l’intérêt de leur témoignage – mais la présentation du témoignage se doit, selon nous, d’être neutre. Pour illustrer à l’aide d’un exemple connu, imaginons le témoignage d’une Normande évoquant la terreur des bombardements aériens tactiques alliés pendant l’opération OVERLORD. Aujourd’hui, pour des raisons morales évidentes, un nombre grandissant de voix s’élève en France – mais pas seulement – contre ces bombardements massifs qui ont écrasé sous les bombes des villes entières et fait purement et simplement disparaître certains villages des cartes routières. Un tel sujet filmé se devra de signaler que ces destructions d’infrastructures et de noeuds de communication ont aussi, dans les faits, considérablement handicapé les forces allemandes et donc contribué à leur défaite et donc à celle de l’idéologie nazie que celles-ci incarnaient. Notons qu’il ne s’agit pas, dans cet exemple, decontredire le témoin – les souffrances atroces qu’il évoque sont bien réelles, mais bien de rendre compréhensible les éléments qui ont conduit à la tragédie qu’il a vécu, charge à celui qui recueille ses paroles de donner à la fois force à son récit et sens au sujet que ce dernier illustre.