Respect du témoin, du spectateur et qualité audiovisuelle

Nous pensons que le geste qui consiste à témoigner devant une caméra est une démarche psychologiquement coûteuse s’agissant d’événements difficiles comme ceux de la Seconde Guerre mondiale. A cet égard, il nous semble que ladécenceexige de celui qui recueille le témoignage qu’il fasse preuve d’une bonne volonté qui fasse écho à celle du témoin. Il ne s’agit pas de recueillir une vulgaire déposition comme dans un commissariat, mais de tendre la main à celui qui, par-delà les générations, nous livre une expérience vécue qui peut être profonde et intense. Le moindre de la décence morale oblige donc à attribuer au témoin toute l’attention qu’il mérite et d’accorder à son témoignage la valeur unique qu’il possède. Autrement dit, il nous paraît indispensable que celui qui recueille le témoignage fournisse l’effort intellectuel et affectif nécessaire pour intérioriser l’expérience qui lui est transmise, sous la forme d’un investissement personnel réel en termes d’écriture audiovisuelle et de qualité technique.